Anne-Catherine Dubé raconte, en détail, son interrogatoire de Michel Fourniret. Un récit dur à lire ou à entendre.
L'après-midi a repris avec l'exposé des propos de Michel Fourniret par la juge d'instruction. L'audience est dure, choquante... et parmi les spectateurs, présents en nombre une fois encore, on entend de longs soupirs indignés.
Elle raconte: "Je lui ai demandé comment il pouvait avoir roulé à Namur, vers 19h, avec cette enfant terrorisée à bord. Il me répond: elle n'osait pas crier. Elle empoignait les appuie-têtes et suppliait pour qu'on la ramène à sa maison".
Plus loin, elle revient sur l'épisode de la frontière: "Après les tergiversations de Michel Fourniret qui craint de passer la frontière et de rencontrer une patrouille avec la petite Elisabeth à bord. Il hésite à l'abandonner dans un coin et à l'attacher pour ne pas qu'elle s'échappe". Et il dit à la juge d'instruction: "c'est Monique, excédée, qui me dit on y va. Vu ma visible incapacité à prendre une décision à ce moment-là, j'ai suivi son conseil".
De son côté, Monique Olivier a répondu à Anne-Catherine Dubé: "je ne me rappelle pas de cette tergiversation mais ce n'était pas dans son habitude de me demander mon avis , ni mon habitude de le donner".
"L'ennivrer pour la posséder"
Arrivés à Floing, Fourniret, Olivier, leur fils Sélim et Elisabeth rentrent dans la maison. La juge rapporte le récit de Fourniret: "Monique avait des priorités: le repas et le bébé. Je montais Elisabeth dans la chambre d'amis. Je lui donnais plusieurs verres d'alcool style vermouth dans le but de l'ennivrer pour la posséder".
Il essaiera ensuite, sans y parvenir, d'avoir un rapport sexuel avec elle.
"La terreur dans ses yeux"
La juge poursuit en décrivant la dernière matinée d'Elisabeth. "Monique Olivier conduit Fourniret et Elisabeth au Sautou. Là, elle leur ouvre la porte et les laisse seuls. Il n'a pas besoin d'attacher la petite car sa seule présence la calme, m'explique-t-il".
Fourniret tentera à nouveau d'avoir une relation sexuelle avec elle.
Alors la juge explique: "Il a pris un sac plastique transparent et la petite Elisabeth a compris ce qui allait lui arriver. C'est de la terreur qu'il a vu dans ses yeux tandis qu'elle lui disait: Vous allez m'étouffer".
Les dernières paroles de la petite victime de Fourniret que le tueur préférera finalement étrangler de ses deux mains en tenant le sac plastique, explique encore la juge d'instruction, dégoutée elle-même par le défilé d'horreurs de ses propos.
La juge poursuit son exposé en abordant à présent le témoignage de Monique Olivier et les reconstitutions à Saint-Servais, Floing et Sautou.
A Charleville-Mézières,
Olivier Deheneffe
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