Une certaine euphorie régnait ce soir à la sortie des négociations. Elio Di Rupo affichait un vrai sourire. Bruno Tobback a fait le "v" de la victoire. Tous les accords sont conclus. Tous les points d'accroche sont levés ou renvoyés à plus tard. C'est fait.
Mercredi, les négociateurs ont dégagé quelques derniers accords en matière de régulation du monde de la finance et de la protection des consommateurs, et à propos d'un durcissement des peines incompressibles.
Demain après-midi, ils reliront une dernière fois les textes des accords. Et jusque-là, ils ont promis de se taire. Ce week-end, les six partis organisent leur congrès de participation chacun de leur côté, comme il se doit.
Et Lundi, Elio Di Rupo et les nouveaux ministres prêteront serment chez le Roi. L'après-midi, à 14h15, le nouveau Premier ministre, un francophone donc, lira sa déclaration de gouvernement. Pour la première fois depuis 1974, un Wallon, deviendra premier ministre.
On sera alors à la veille de la Saint Nicolas, une date soigneusement évitée par les négociateurs qui craignaient sans doute les allusions lourdes. On sera surtout le jour de la Saint Lucide, un moine mort en 1038.
Il reste encore à déterminer le choix des ministres et leur nombre, le gouvernement devant être composé de 15 ministres au maximum.
535 jours et une nouvelle dynamique dès la rentrée 2011
La dynamique des négociations a pris une nouvelle tournure à partir de la rentrée, la N-VA ayant fait savoir avant les vacances qu'elle ne pouvait plus soutenir la méthode de négociation qui avait fait l'objet d'un consensus entre socialistes, centristes-démocrates-chrétiens, libéraux et écologistes à propos de la réforme de l'Etat et de ses modalités de financement. Jusque là, de nombreuses formules avaient échoué, associant la N-VA au CD&V, au cdH, au PS, au sp.a et aux Verts.
Après la conclusion le 11 octobre dernier par les familles socialiste, libérale, chrétienne et écologiste d'une réforme de l'Etat et de la loi de financement des entités du pays, et de deux accords sur la scission des arrondissements politiques et judiciaires de Bruxelles-Hal-Vilvorde, censés mettre fin à un conflit linguistique minant le pays depuis cinquante ans, Ecolo et Groen! sont restés à quai sous la pression de l'Open Vld et du CD&V qui craignaient devoir négocier un accord socio-économique pesant trop au centre-gauche.
Les trois familles restantes ont fini par conclure cette semaine cet accord, non sans mal, les divergences idéologiques refaisant surface à l'occasion des négociations budgétaires et à propos des réformes socio-économiques à mettre en oeuvre.
Finalement, sous la pression des instances européennes et des marchés, et après l'annonce vendredi dernier par l'agence Standard & Poor's d'un abaissement de la note de la Belgique de AA+ à AA, les négociateurs ont fini par trouver le chemin du consensus. Il restait en début de semaine une série de derniers accords à conclure dont le chapitre Asile et Migrations.
L'accord définitif est attendu jeudi soir. La mise en place du nouveau gouvernement se fera dans un contexte particulièrement difficile, la zone euro étant en proie à d'importantes turbulences. Un premier avertissement attend vendredi ce gouvernement pas encore né, les syndicats ayant appelé à manifester massivement à Bruxelles.