Cannes s'est réveillé ce vendredi matin avec la tête dans les étoiles. L'imaginarium du Docteur Parnassus, le nouveau film de Terry Gilliam, ressemble à l'entresort d'une troupe foraine. Un de ces spectacles itinérants, entre poésie subtile et bricolage, qui font rêver les gamins sur les foires. Un vieux bateleur (Christopher Plummer) ayant pactisé avec le diable n'a plus que trois jours avant de perdre sa fille. Cette course contre la montre fera passer tout ce petit monde de l'autre côté du miroir, pour des virées oniriques au pays des merveilles et des cauchemars. Le film, inégal, est un rêve en technicolor, baroque, effronté, effréné. Gilliam, qui n'a jamais reculé devant la moindre audace scénaristique, ose des scènes surréalistes et échappant à toute logique visuelle. L'ex Monthy Python convoque même l'humour nonsensique de ses anciens comparses, lors d'un mini musicals avec bobbies en mini-jupes. "Un film de tous les amis d'Heath Ledger", annonce le rideau de fin. Car L'imaginarium du Docteur Parnassus est le dernier film sur lequel s'investit Heath Ledeger (l'excellent Joker de Batman Dark Knight, lequel décéda pendant le tournage. Gilliam, pour parer à cette perte tragique et mener à bien son projet artistique, aura l'excellente idée de profiter de l'onirisme ambiant pour "remplacer" Ledger à l'image par trois autres comédiens. Se succèdent donc Johnny Depp, Jude Law et Collin Farell, visages multiples d'un même personnage. Le procédé est payant, ajoutant en un curieux paradoxe à la folie ambiante de l'entreprise. Reste une inconnue. Le film, fort applaudi en salle, trouvera-t-il son public? Rien n'est moins sûr, Gilliam ayant toujours eu cette intégrité créatrice qui le tient éloigné depuis quelques temps des grands standards commerciaux (niche dans laquelle on peut encore placer L'armée des Douze Singes). Mister Citizen Cannes
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