Le réquisitoire de l'avocat général terminé, c'est au tour de la défense de Geneviève Lhermitte de prendre la parole. Me Xavier Magnée prend la parole.
"Quand nous somme allés la voir, elle avait un demi-sourire, comme un air de plénitude. Le vent a soufflé... Les rapports des experts ne la satisfaisait pas. Elle ne voulait pas passer pour folle."
"Ceci dit, la cour devra apprécier le degré de sa culpabilité. Est ce qu'un passé sans tache, 17 ans de mariage, 14 ans de maternité exemplaire, ne reflètent pas un être d'une qualité et d'une exigence exceptionnelle qui l'a entraîné dans une dépression exceptionnelle.. Dans l'isolement, dans un monde culturel mixte imposant un rythme et une hiérarchie différente, mais Geneviève avait aussi un péché d'orgueil..."
"Cette femme n'a fait que le bien, sauf le jour où elle a explosé. Mais c'est un suicide... Et si il n'y était pas question de suicide, les enfants seraient toujours là. C'est une volonté de tuer et de se tuer."
"Aujourd'hui, elle est en plein désespoir. Elle porte déjà son fardeau. Cette morte vivante incarne le regret. Mais je vous demande de lui accorder les circonstances atténuantes les plus larges."
Mais retenez: le procès ne nous a pas encore dit pourquoi cette femme a commis ces faits là. Puisqu'elle n'est pas malade, puisqu'elle est responsable de ses actes. Ce soir, on se demandera si on a fait son possible. Personne ne sortira intact de cette affaire...Est ce que nous n'avons pas été emporté par le souci de l'exemple? Car le caractère exemplatif est nul... Soyez certains et clairs dans votre décision, pour obtenir une réponse. "
Et Me Daniel Spreutels d'embrayer. "Dans quelques minutes, tout sera fini. Il n'y aura plus d'affaire Lhermitte. Elle s'en ira seule, avec son désespoir. S'il y avait une circonstance atténuante, c'est dans ces 17 années d'amour et 17 ans donnés aux autres. C'est LA circonstance atténuante. Auxquelles s'ajoute la non communication, l'isolement, etc. Vous avez de larges possibilités. La prison de Me Lhermitte, elle est déjà déterminée, c'est sa douleur, celle que vous en devrez pas prendre. A celle là s'ajoute celle que vous allez à présent déterminer. Geneviève Lhermitte, on vous la laisse, mais rendez la nous avec un peu d'espoir. "
Geneviève Lhermitte, enfin, qui prend la parole la dernière: "je voudrais remercier mes avocats. Ils ont fait le maximum. (Elle sanglote et parle d'une voix hachée) A mes parents, à mes soeurs, à mon grand père, je sais qu'ils souffrent de me voir derrière les barreaux. En fin, je voudrais dire aussi que Valérie Guirsh n'est pas responsable comme certains l'ont fait croire. J'ai encore des mots pour ma famille. Tout le monde souffre. Mon mari autant que moi. Jamais je n'ai été fatiguée pour mes enfants. Le procès m'a amené à comprendre que mes enfants, je les aimais trop. Ma peine, je m'en fous complètement. Je me sentirai toujours aussi mal d'être vivante."