"De qui parle-t-on? D'une femme parfaite, dévouée à ses enfants. Une sainte depuis 14 ans. Haa, on dira qu'elle a bien doublé ou triplé.. Bah, vous savez, j'ai doublé à trois reprises, alors..."
Et l'avocat bruxellois de poursuivre: "Pour les enfants, pour elle, il faut trouver une réponse. Nous sommes ici pour rendre une justice personnelle, à cette femme. Qu'on dise ici ce qu'est la réalité, qu'on croit Geneviève ou pas. Elle n'a aucune raison de vous manipuler."
"Nous savons que les mères de famille sont plus propices au burn out. L'épuisement physique et émotionnel sont les premiers signes d'un burn out. Un corps épuisé va entraîner, tôt ou tard, l'esprit avec lui. Une mère de famille donnera toujours le meilleur d'elle même jusqu'à en arriver et dépasser jusqu'à ces limites. Et lorsque les limites sont depuis longtemps dépassées, on en arrive à l'impensable, l'inconcevable, l'irréparable. Comment une sainte, la mère modèle qui joue du violon, qui tombe quasi dans les pommes quand on opère sa fille le matin même, qui a fait des tomates au thon à midi à ses enfants, a pu commettre ce qu'elle a fait? "
"On est trois. Lhermitte/Moqadem/Schaar, soit A, B, et C. C paie, B est heureux et A subit. A c'est Geneviève Lhermitte, une mère au foyer qui trime, liée à un boulet en or... Pour B, Moqadem, tout est normal. C, Schaar, travaille comme une bête et assume les charges financières et a enfin la satisfaction d'avoir une famille. "C'est un peu comme un char romain. Deux chevaux: l'un c'est Schaar, l'autre c'est Geneviève Lhermitte. Celui qui conduit le char romain, tel un beau pilote comme on en voit dans Ben Hur: Moqadem. Et les deux chevaux, ils triment... Le pilote, lui, ne veut pas que ça cesse."
"Et pensez vous que le pilote de char allait laisser tomber son cheval de droite? Jamais..."
Les rapports d'expertise qui varient? " Les experts avaient un doute lorsqu'ils ont rédigé leur premier rapport... Il leur manquait quelque chose. Et bien, avec les 2 lettres du docteur Veldekens, il l'ont l'élément manquant. Vous les avez entendu: les symptômes relevés dans les lettres, surtout la seconde, présentent toutes les caractéristiques de quelqu'un qui doit être urgemment hospitalisé. On n'attend pas que l'avion revienne du Maroc avec le mari pour agir... Les experts ont été cohérents."
"Aujourd'hui madame Lhermitte veut être punie, elle le dit, mais ce n'est pas une raison pour ignorer le rapport des experts. Elle veut expier, oui, mais peut-être faut-il la soigner..."
"Si ce n'est pas une malade, alors pourquoi aurait-elle tué ses propres enfants? Où est le mobile? Si la réponse n'est pas là, alors le procès n'aura servi à rien, car on n'aura toujours pas la réponse au "pourquoi?"
"Enfin, si elle n'est pas folle, si elle est cette mère admirable, alors je regrette, on me pousse à plaider l'article 71.... Il n'y pas d'infraction si l'accusée agit sous une contrainte ou une force irrésistible. Si elle n'est pas malade, elle doit être acquittée. Si elle est malade, comme je le pense d'ailleurs, elle doit être soignée. "
Et Me Xavier de conclure en lisant un passage d'un texte écrit par Geneviève Lhermitte après les faits, où, après dire regretter son acte, elle réclame le pardon de ses enfants... Mon chagrin, c'est ma prison à vie, dit-elle encore."
"Il faut la soigner..." conclut Xavier Magnée.