Avant Paul Kalkbrenner, la nouvelle star de la scène berlinoise, qui a enflammé les Ardentes avec ses hits "Gebrünn Gebrünn" et surtout "Sky and Sand", techno mélodieuse et mélancolique qui passe même sur La Première, le Hall des Foires a vibré au son tout aussi mélodieux de The Field. Le projet du Suédois Axel Willner n’aura pas trouvé son public, malgré ses nappes techno progressant à petit pas fabuleusement envoûtantes. La faute peut-être aux interférences avec le HF6, vibrant des assauts stridents de The Subs. La faute aussi à une batterie live trop aiguë et aux cymbales agressives aux tympans. Dommage : les disques de The Field nous faisaient espérer une plongée sans heurts dans l’ouate électronique. (Photo EdA J. Eymans)
+ Les photos des lives de Miss Kittin et de Paul Kalkbrenner
La riche soirée électronique de vendredi, pour laquelle bon nombre de festivaliers arrivent après 20h en bord de Meuse, se poursuit avec Danton Eeprom, nouveau producteur à suivre de la techno hexagonale. Laurent Garnier lui-même le recommande, sans se tromper : sa musique martiale mettrait au pas n’importe quel supporter du Standard trop turbulent. On le préfère à Para One, déjà habitué du circuit, et auteur de deux albums aussi différents qu’intéressants. On aurait voulu revoir Miss Kittin & The Hacker aussi, mais le retard des rappers Redman & Method Man, repoussant le concert immanquable de Gossip dans le Parc à 1h, nous en empêche. Impossible de manquer Beth Ditto dans sa robe jaune parcellée de petits Mickey a casques nazis.
On rattrapera ce manque d’electro française avec Agoria, magistral, que l’on préfère à ses compatriotes Jean Nippon et Surkin, représentants du style «ghetto house», mêlant house, rap et electro dans une fureur digne de Sclessin. Et prouvant encore une fois qu’en matière de musique électronique, Les Ardentes n’autorisent aucun ghetto.
J. R.

Commentaires