C'est sans doute l'album le plus protégé que l'on ait eu en mains ces douze derniers mois. Mais le résultat est là : Caféine, le
nouveau CD de Christophe Willem, qui sort le 25 mai prochain, est
introuvable sur le net. Et lorsqu'on raconte au chanteur qu'on a dû
demander à une collègue de nous prêter son vieux baladeur CD pour
écouter la copie protégée envoyée par sa maison de disques Sony Music,
il sourit : « C'est ma faute. J'ai vraiment été très strict là-dessus... », nous lâche-t-il, détendu.
Le Christophe Willem d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec le gagnant de La Nouvelle Star 2006, qui a vendu 900 000 albums de son premier album Inventaire :
nouveau look, nouveau son électro plus lourd, plus grande implication
dans le projet (même si les collaborations restent multiples)...
« C'est une autre facette de ma personnalité qui s'exprime. J'aime bien renouveler les choses. » Cette
évolution, celui que Marianne James avait surnommé La Tortue l'avait
amorcée lors de sa précédente tournée. Il en avait d'ailleurs fourni un
échantillon sur son DVD, intitulé opportunément Fermeture pour rénovation.
« Sur la tournée, la deuxième partie était très électro. J'avais
énormément de plaisir à la faire sur scène et je me suis rendu compte
que le public, quel que soit son âge, se laissait embarquer aussi. Cela
m'a donné envie d'aller plus loin... » Trop loin ? Certains le disent après avoir entendu le très électro-pop - et audacieux - single Berlin.
« On verra si je suis allé trop loin. C'est un titre très lourd en
terme de son. En le sortant en premier, je lui ai donné sa chance. Et
puis, il y avait un côté : Je vais vous donner tout de suite le plus
violent, et si ça va, je pense qu'après vous serez contents. » Berlin, Christophe Willem n'y a jamais mis les pieds. «
C'est la Mecque de la musique électro depuis des années. Et puis, dans
les connotations que j'avais, c'est la ville d'après-guerre, avec des
cabarets un peu malsains. D'où le texte légèrement libertin...»
Texte écrit par Skye, sa guitariste, créditée sur quasi tous les
morceaux, que ce soit pour les paroles et/ou la musique. Et qui fait
partie d'une vaste équipe de collaborateurs : Zazie, Jennifer Ayache
(Superbus) Jean-Pierre Pilot (claviers) pour ne citer qu'eux côté
Français ; Pete Martin, Tina Harris, Steve Lee, Tim Kellett côté
Anglais, l'album ayant été enregistré entre Paris et Londres. « Je
voulais des sons plus lourds, plus anglo-saxons dans la prod. J'ai
demandé de trouver des équipes et que chacune envoie un titre. J'ai
travaillé avec ceux avec qui j'accrochais. »
Si la démarche surprend au départ, on plonge très vite dans ce
nouvel univers où la musique et la rythmique prennent parfois le pas
sur la voix, toujours aussi caractéristique, à mi-chemin entre voix de
fille et de garçon, comme sur Sensitized, duo avec Kylie
Minogue. Il avait déjà remixé - lors de sa tournée - quelques extraits
de la chanteuse australienne sur le morceau Kiss the bride. « Ce n'était pas anodin... (rires).
J'étais déjà sur le coup. J'avais rencontré Guy Chambers à l'époque,
qui a travaillé avec Kylie et qui a permis que ce duo se réalise.
C'était un rêve, car elle reste la reine de la pop avec Madonna. »
Tout cela a mené le chanteur à baptiser son album Caféine « pour la dynamique au point de vue du son, mais aussi pour l'addiction et la dépendance à l'autre. » L'album sortant un peu plus tard que la date du 16 avril initialement prévue, la tournée débutera début 2010. «
Il y aura quelques showcases à droite à gauche. Le spectacle n'est pas
prêt. C'est très dur de traduire ça sur scène. Mais on va s'en sortir !
»

Marc UYTTERHAEGHE
i - Christophe Willem, Caféine, Sony-Music
@ - http://www.christophewillem.com/site/
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