Kid Cudi, c’est le protégé de
Kanye West. Un rappeur middle class de Cleveland, fils de profs, de père mexicain et mère afro. Dans son jean slim et ses Converse, il a participé au «808s & Heartbreak» de Kanye avant d’exploser avec le single «Day’n’Night», remixé par les
Crookers. Autant dire que «
Man on The Moon…» était attendu. Comme la découverte de l’eau sur la lune. Au moins.
Ce premier album de Kid Cudi oscille entre rap, pop et electro. Il emprunte à Kanye West sa manie arty de mélanger les styles. On pense à
Jamie T, à
Joshua, à
Esser ou à
Just Jack («Up Up & Away», très très pop). Ambitieux, il invite Kanye bien sûr, Common, ainsi qu’
MGMT et
Ratatat («Pursuit of Hapiness», ultrabranché). Il remixe aussi le «
Poker Face» de
Lady Gaga, avec qui il tourne, sur un excellent «Make her Say» qui transcende la vulgarité de l’original. Cudi n’est pas branché qu’avec ses slims.
Mais le Kid de Cleveland ne tient pas la longueur. C’est le cas de le dire sur les 72 minutes que compte la très belle version deluxe de «Man on the Moon…», avec poster et tout. Le disque claque par moments («Simple as», «Heart of a Lion», «Enter Galactic») mais saoule, voire endort aussi («My World», r’n’b «Hyyerr») Cudi parle beaucoup de lui, c’est génétique dans le hip hop (joli «Soundtrack 2 my Life» qui

nous installe confortablement dans le disque), mais s’égare parfois. Il ne rappe ni ne chante, mais emprunte une voix médiane qui le fait parfois sortir du ton juste («Sky Might Fall», carrément faux: on en est gêné pour lui). Si bien que l’on se dit que, parfois, l’autotune avait du bon. Etait-t-il dans la lune pour ne pas l’utiliser ici?
J. R.
i - Kid Cudi, Man on the Moon: The End of Day, Dream On/Good/Universal Motown
@ - http://www.myspace.com/kidcudi
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