Le timbre reste sibyllin. Le rire poli et
retenu. Quelque chose, pourtant, a changé chez Émilie Simon. Comme si
ce joli papillon, la fiancée de l'electro pop française, était sortie
de sa chrysalide, elle qui avait justement dédié une ode à Dame Nature
dans Végétal, son précédent album. Habituée au confort du
studio parisien dans lequel cette bidouilleuse de génie mêlait les
matières musicales les plus hétéroclites, elle s'est mise en danger en
émigrant vers New York, où elle vit désormais. Y a ouvert les vannes,
s'entourant des meilleurs - dont plusieurs membres d'Arcade Fire et de Beirut- pour accoucher, avec The Big Machine, d'un album plus organique. Où le chuchotement s'efface
devant une voix qui s'affirme, laissant apparaître les fantômes de
Bjork, Kate Bush et forcément An Pierlé. Pour ses trois premiers albums, Émilie Simon avait reçu trois Victoires de la musique. Avec The Big Machine, c'est la musique qui gagne.
Simple
et disponible, elle nous a gentiment accordé une interview, vendredi
dernier. Trois jours, seulement, après avoir perdu son compagnon,
l'ingénieur du son et producteur François Chevallier, décédé d'une
grippe A lors d'anodines vacances en Grèce, mardi dernier.
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